« La lutte pour l’indépendance est une manœuvre des élites catalanes pour occulter la corruption »

Faux.

La lutte pour l’indépendance s’est forgée dans la rue et dans les institutions civiques de la Catalogne.

Elle s’est transformée en mouvement massif à partir de 2010, en résistance au blocage de Madrid contre le Statut d’Autonomie de 2006, à l’initiative du président de l’époque, M. Pasqual Maragall, socialiste, et de la coalition ERC et Iniciativa-EUiA qui gouvernait alors la Catalogne. Pendant l’été 2010, le Tribunal constitutionnel, en réponse au recours d’inconstitutionnalité présenté par des députés du Parti Populaire, avait annulé une part importante du Statut qui était pourtant passé par le Parlement espagnol (y subissant de sérieuses amputations) et avait été approuvé en Catalogne par référendum.

En réponse à l’annulation partielle du Statut, Òmnium Cultural convoqua une manifestation avec le slogan : « Nous sommes une nation. C’est nous qui décidons ». Plus d’un million de personnes y participèrent. Ce fut la première d’une série de manifestations massives qui réunirent jusqu’à deux millions de participants.

Ce mouvement entraîna Convergència (avec force doutes et réticences) vers l’indépendantisme, brisant ainsi sa coalition avec Unió.

Jordi Pujol et la coalition de Convergencia Democrática de Catalunya et Unió Democrática de Catalunya (CiU) avaient gouverné la Catalogne pendant plus de deux décennies dans le strict cadre autonomique. Les diverses accusations de corruption à l’encontre de la famille Pujol ne provoquèrent aucun geste en faveur de l’indépendance. Ce n’est qu’à partir de 2010, sous le mandat du président Artur Mas, que Convergencia s’engagea dans le processus souverainiste.

Si l’objectif de l’implication de CiU dans ce processus était de se protéger face aux accusations de corruption, on peut dire que cela n’a pas donné les résultats escomptés ; actuellement, une grande partie de la famille Pujol a des affaires judiciaires en cours. Le même Parlement catalan qui fut à l’origine de la consultation populaire du 9 novembre 2014 enquêta à fond sur les cas de corruption.

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