La lutte contre le fascisme

Compte rendu du groupe de travail sur la lutte contre le fascisme lors de la rencontre internationale organisée par WithCatalonia

samedi 16 décembre 2017, 17h

Cette séance s’est divisée en deux parties. La première partie a traité de:

La montée actuelle du fascisme, du racisme et de l’islamophobie

Kadijatu Dem (activiste contre l’islamophobie) explique que l’islamophobie est un type de racisme étendu et l’arme préférée de l’extrême-droite actuelle.

Eva Pous (Absolució Encausades 12 Oct, Alerta Solidària), explique le cas des personnes antifascistes qui ont été jugées pour des délits de haine après une supposée bagarre avec fascistes. Elle souligne la tendance croissante d’utiliser le concept de « délits de haine » pour réprimer les manifestations des mouvements sociaux, au lieu de protéger les groupes opprimés contre des crimes en rapport avec la discrimination, ce qui est censé être l’objectif.

Mireia Suero (activiste antifasciste) parle de la montée récente du fascisme, profitant du climat de répression impulsé par l’état contre l’indépendantisme. Elle soulève aussi la nécessité d’une réponse unitaire. Elle souligne l’importance que tous nous discernions l’espagnolisme du fascisme ; les citoyens indépendantistes doivent reconnaître que tous les espagnolistes ne sont pas fascistes, que le fascisme est un problème spécifique; les citoyens qui ne sont pas indépendantistes ne doivent pas pour autant cesser de combattre le fascisme.

Carme Salvador i Guillem Agulló, mère et père de Guillem Agulló, assassiné par des fascistes en avril 1993, expliquent le cas de leur fils et la problématique actuelle de l’impunité du fascisme dans le Pays Valencien.

Autour du débat, le thème central est le lien entre le fascisme et le capitalisme. Quelques interventions assimilent plus ou moins le capitalisme et le fascisme dans le sens où la lutte antifasciste est nécessairement une lutte anticapitaliste. Même si nous avons effectivement toujours vécu sous le fascisme-capitalisme, on ne peut pas parler d’une montée actuelle du fascisme.

D’autres reconnaissent le lien entre le fascisme et le capitalisme mais insistent qu’ils ne sont pas identiques: donc, tout capitalisme ne peut être considéré comme fascisme et qu’une lutte spécifique contre le fascisme s’impose, celle-ci ne devant pas se limiter aux secteurs anticapitalistes. Cela nous mène à la deuxième partie de la séance.

La lutte unitaire contre le fascisme et le racisme

Núria Bosch (activiste UCFR), Jorge Mancebo Navalón (Crida Contra el Racisme, Pays Valencien) et Hector Puente Sierra (Stand Up to Racism, Angleterre)  expliquent la lutte unitaire contre le fascisme dans leurs territoires respectifs. Globalement, le fait de ne pas limiter la lutte à l’espace anticapitaliste permet d’organiser de plus larges mobilisations et plus représentatives, celles-ci étant plus difficiles de marginaliser ou de criminaliser.

Dans le même sens, un collègue grec explique comment KEERFA, le mouvement unitaire contre le fascisme en Grèce, a pu mobiliser des centaines de milliers de personnes lors des manifestations contre l’assassinat de Pavlos Fyssas, en 2013. S’ils s’étaient limités à la gauche anticapitaliste, ces manifestations auraient été beaucoup plus réduites, et elles n’auraient pas atteint le même résultat. Et maintenant les dirigeants d’Aube dorée font face à la justice, accusés de bande criminelle.

Un collègue galicien explique comment ils ont répondu à la proposition des fascistes d’Hogar Social Madrid de rendre visite de manière “caritative” à un village galicien touché par les incendies. Quelques personnes voulaient former un peloton pour les arrêter physiquement, mais d’autres ont choisi de parler avec les villageois ; ils ont réussi à ce que l’ensemble des villageois rejettent « l’aide » des fascistes.

On souligne que le fait de promouvoir les luttes unitaires contre le fascisme, sans conditions, n’implique pas que les citoyens anticapitalistes doivent cesser de l’être. C’est à dire que sur cette question, il faut collaborer avec beaucoup plus de gens….et donc connaître plus de gens.

Propositions:

  1. Il faut élargir la lutte contre le fascisme, le racisme et l’islamophobie à plus de territoires.
  2. Il faut améliorer notre coordination entre territoires.

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