Répression et prisonniers politiques

Compte rendu du groupe de travail sur répression et prisonniers politique lors de la rencontre internationale de WithCatalonia

samedi 16 décembre 2017, 17h.

Assistants: Jesús (La Directa), Marta (Iridia i Som Defensores), Ignasi (Informe Minotaure), Mireia (CGT), Helena (Grup de suport Alfon), Nestor (SAT), Arran, Insurgencia, Xarxa antirepressiva (réseau des familles de détenus).

Jesús, La Directa

Description de la journée du premier octobre et des forces et stratégies en jeu. Entre les milliers d’effectifs de la Police nationale et de la Guardia civil détachés en Catalogne, il y a 80% des effectifs antiémeute de l’état. Les postes de commandement planifient une opération télévisée qui, à travers la diffusion de la peur entre les téléspectateurs, mène à la fermeture, automatique ou pas, de la plupart des 2300 bureaux de vote.

Les citoyens qui ont assumé la tâche de défendre les bureaux de vote modifient la stratégie annoncée (de faire la queue à faire des barrières), ce qui a empêché et retardé l’action des corps armés.

La meilleure manière de faire face à la répression consiste à la détermination et à une massivité qui effondre la machinerie répressive.

Marta, Iridia y Som defensores

Iridia, La Fede décident de mettre en marche 3 dispositifs. Un réseau d’observateurs en droits humains: 70 personnes pour rassembler des témoignages. 18 groupes de personnes qui ont couvert pratiquement tous les bureaux de vote de Barcelone. Ces personnes étaient en contact avec un dispositif physique organisé dans le siège d’Iridia où s’envoyaient les communiqués et le matériel visuel sur les charges policières. En fin de journée, les observateurs ont apporté tout le matériel filmé avec leurs téléphones portables et ont fait des rapports sur les charges policières avec une liste de témoins et de victimes. Iridia a systématisé l’information pour la véhiculer en plaintes.

Dispositif juridique: 60 avocats avec deux lignes téléphoniques, l’une pour la violence policière et l’autre pour les détentions.

Dispositif psychosocial, avec 30 psychologues. Un téléphone portable (par exemple, à l’école Ramon Llull, où la police a utilisé des balles en caoutchouc provoquant des blessures graves à un citoyen)  et un téléphone fixe d’où pouvoir effectuer de la contention émotionnelle.

En vue du volume des victimes, conjointement avec la mairie de Barcelone, Iridia organise un service d’assistance aux victimes qui le souhaitent. En 3 semaines, 300 personnes assistées, 65 physiquement. La plupart des plaintes.

Le matériel graphique nous permet d’identifier les agents malgré le fait qu’ils n’ont pas respecté les protocoles policiers. Et de présenter des preuves: témoins et matériel graphique.

Les plaintes sont dirigées contre des agents de police concrets identifiés et contre les responsables de la police, étant donné que les charges policières reproduisaient un même modus operandi. Nous avons sollicité les communications entre les responsables de la police et les responsables sur le terrain.

Mireia, CGT

La répression de l’état a été évidente lors des grèves de ces 7 dernières années, avec des détentions, des agressions et des plaintes. Le droit à la grève est, en principe, blindé par la constitution mais il est règlementé par des normes pré-constitutionnelles. Cela explique la longue liste de procédures pénales pour attentat et résistance contre l’autorité.

En conséquence, en plus de lutter pour les propres droits de classe, nous devons mener une tâche anti répressive constante. Il s’agit de situations qui parfois mènent à la démobilisation et nous éloignent d’assister à des manifestations ou à exercer nos droits par peur d’être sanctionnés.

Mais il y a une autre répression: celle dans le cadre du travail, pour avoir exercé le peu de droits qu’il nous reste et qui sont stipulés dans le code du travail. Pour la plupart d’entre nous, nous souffrons d’une part une répression indirecte de l’état puisque que c’est l’état qui rédige le code du travail et d’une autre, une répression directe venant des entreprises. Les entrepreneurs et leurs complices nécessaires, les syndicats majoritaires. Et de plus, pression exercée constamment.

Lors des dernières grèves, les syndicats conflictuels ont non seulement été soumis à la répression dans les rues mais ils ont en plus eu des difficultés dans les entreprises du fait d’avoir fait la grève convoquée par les syndicats minoritaires uniquement.

Ignasi, Minotaure de 78 rapport sur la violence institutionnelle

Le régime de 1978 porte atteinte aux droits de  466 prisonniers politiques depuis l’approbation de la constitution. Le régime de pouvoir atteint systématiquement aux droits. Nous en sommes au point où l’exception est la norme.

Rapport divisé en 7 parties et qui inclut des cas de:

1 répression de l’état dans les institutions publiques: 9 N plaintes au parlement catalan, maires inculpés.

2 répression de l’état pendant la préparation et la célébration du référendum: entrée dans des imprimeries, sites web, blessés.

3 Liberté d’expression dans les institutions: conseiller Joan Coma, parlement catalan, commission, crime de haine comme nouvelle forme de réprimer ceux qui critiquent.

4 Participation politique. Suspension de manifestations à Valence avec menace de l’extrême droite. Vitoria suspend manifestation de la Police locale. Siège de la CUP assiégée sans mandat.

5 Persécution contre des symboles (maire de Berga, Badalona pour avoir ouvert le 12 octobre)

6 application de l’article 155 suspension de l’auto-gouvernement.

7 L’extrême droite comme élément paraétatique (Valence 80, Pays basque, un élément de plus de l’appareil de l’état).

Il ne s’agit pas uniquement d’un problème du Partido Popular mais un problème structurel du régime de 1978. La justice, le pouvoir législatif, les médias et l’extrême droite.

Deux conclusions: le niveau de brutalité policière et la répression maintiennent le régime de pouvoir en status quo. La violence, une partie de base du système.

Helena, mère d’Alfon

Quartier de Vallecas (Madrid). Grève générale du 14 novembre 2014. Alfon est détenu lors d’un piquet de grève d’environ 600/700 personnes. Grève contre les coupes dans le système de santé publique, dans l’éducation publique et dans le droit du travail.  Alfon, 21 ans, antifasciste de la coordination antifasciste marxiste-léniniste, membre de Bukaneros, supporters de l’équipe de football Rayo Vallecano. Nous savons qu’ils représentent une proie idéale pour l’état étant donné leur idéologie et la militance.

Montage policier: élaboration des récits et des preuves, chose fréquente en Espagne.

Ils utilisent la loi comme bon leur semble: emprisonné pour risque de fuite et ne pas avoir d’enracinement. L’avocat fait appel et la réponse est que cela est dû à l’alarme sociale, mais en fait ce n’était pas précisé auparavant.

Manifestations aussi au niveau de l’état, une plateforme avec plusieurs commissions de communication, actions, fond de résistance et institutionnelle. Il faut qu’il sorte de la détention  préventive. Tous les cas son identiques.

Novembre : jugement. Contradictions dans les déclarations de la Police, rupture de la chaîne de responsabilité, il n’y a pas d’empreintes et en conclusion nous pensions qu’il ne pouvait pas être condamné. Jugement politique, les questions posées en rapport sur le mouvement et ses connaissances. Condamné à 4 ans de prison pour possession d’explosifs.

Mur urbain (appris d’Euskadi) dans la paroisse avec 500 personnes.

Nestor, SAT

600 cas. Grèves générales et plus. Occupations de terres. Mont liberté BBVA Jaén, un an d’occupation. 17 personnes jugées. Córdoba: Somonte 5 ans d’occupation + 50 poursuivi.e.s. 500.000 euros en amendes. Actions massives.

Comment nous agissons face à la répression:

Amendes et individualisation: insoumis judiciaires. Donner la visibilité à la répression du syndicalisme. S’il n’y a pas d’arrêt judiciaire on pense qu’il n’y a pas de répression. L’amende fait davantage de mal parce qu’elle démobilise le mouvement.

Marche à Madrid (Bódalo) 27 jours de grève de la faim à Madrid. Parlement Européen. Motion de la CUP au parlement. Plusieurs mairies. Economie coopérative et vente d’huile dans les réseaux sociaux, financement pour pouvoir faire face au paiement des avocats et des amendes.

Insurgencia

L’Audience Nationale le voit comme du terrorisme. Un an et demi de procès judiciaire. Campagnes à niveau local. En attente de la Cour Suprême. Peine de 4 mois à un an, en attente. La campagne peut être suivie à travers les réseaux sociaux.

Arran

Le Partido Popular pour occupation du siège le 27 mars. Campagne pour le “oui” au référendum. 1636 années en tout pour dommages, désordres avec violence et discrimination idéologique (haine). Il s’agit d’un jugement politique. Quand les personnes sont citées, elles ne se présentent pas: insoumission. Les Mossos et la Police Nationale sont allés chercher les personnes citées.

Mesures conservatoires, usure et ébranlement de ta vie politique.

Plus d’action politique, plus d’organisation, plus de travail. C’est la seule manière de lutter contre la répression.

Xarxa antirepressiva familles des détenus

La Xarxa (Réseau) naît fin 2014. Contexte: grèves générales, 12 octobre antifascistes et répression des défenseurs des droits fondamentaux, cas Montoro à Vilanova i la Geltrú, à la fin de la campagne 2014 provocation du Partido Popular, jeunes agressés et plainte contre eux. Les familles de Can Vies, mai 2014. Eux tous et d’autres ont poussé les familles – mères –  à s’unir contre ces plaintes arbitraires et contre les irrégularités dans les détentions.

Objectif principal: accompagner les familles des détenus inculpés dans le cadre de la dissidence. Nous venons d’expériences et sensibilités très différentes. Ceux et celles qui connaissent la militance de leur fils et ceux qui ne la connaissent pas. D’autres anciens combattants et d’autres qui ne le sont pas.

Soutien psychosocial. Il est très dur du point de vue émotionnel que ton fils soit détenu et que les gens te disent “il doit l’être pour quelque chose”. Comprendre qu’il est bon qu’il existe la dissidence; il y a un langage, des idées, des approches que les gouvernements devraient écouter.

Il s’agit de se soutenir mutuellement et d’informer les médias, les administrations, les organisations qui ont la responsabilité et la capacité législative de modifier leurs protocoles.

Nous essayons de créer des liens avec d’autres organisations proches et nous donner du courage dans cette lutte qui n’est pas ponctuelle.

Conclusions Salón du Tinell: force, solidarité, fraternité,  sororité, dignité, courage, confiance, générosité et soutien  mutuel, unité.

 

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